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Le canal Saint-Martin (1805-1825)

Pont Eugène-Varin

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En 1802, le Premier consul Napoléon Bonaparte décida la création des canaux Saint-Martin, Saint-Denis et de l’Ourcq, afin de permettre aux bateaux de traverser Paris en coupant la boucle de la Seine. Pierre-Simon Girard, ingénieur des Ponts-et-Chaussées, proposa d’ouvrir un canal de déviation (Saint-Denis) partant de la Seine, vers le bassin de La Villette, ainsi que l’ouverture d’une voie de déviation de la rivière de l’Ourcq, projet longtemps mûri pour alimenter Paris en eau potable, mais jamais réalisé. Le canal de l’Ourcq devait ainsi alimenter en eau les deux autres canaux du réseau parisien : Saint-Denis et Saint-Martin.  

Ces nouvelles voies d’eau présentaient un incontestable intérêt économique : alimenter facilement la capitale en marchandises (céréales, bois de chauffage…). Les travaux de terrassement furent lancés en 1805 et le projet de Girard, agréé. Le coût des guerres napoléoniennes, puis la chute de l’Empire, suspendirent toutefois le chantier. Le canal Saint-Denis entra en service en 1821 et les travaux de canalisation de l’Ourcq furent achevés quatre ans plus tard. La construction du canal Saint-Martin, traversant Paris pour relier le bassin de La Villette au port de l’Arsenal, reprit en 1822, sous la direction de René-Édouard de Villiers du Terrage. 

Inauguré en 1825 et livré à la circulation l’année suivante, le canal Saint-Martin fut d’abord exploité par la Compagnie des canaux de l’Ourcq et de Saint-Denis. Un quartier industrieux et pittoresque (entrepôts, meuneries, vitreries…), avec des activités directement liées au trafic portuaire et fluvial, se développa à ses abords.

En 1861, la Ville de Paris racheta la concession des trois canaux et créa le service des canaux. Fort dégradés, les canaux furent alors remis en état, voire reconstruits, adaptés au passage de bateaux de gabarits supérieurs. Dès 1860-62, le baron Haussmann fit couvrir le canal par une voûte, seulement percée de puits d’aération, entre la place de la Bastille et l’avenue de la République, sur laquelle fut aménagé le boulevard Richard-Lenoir. En 1907, une nouvelle voûte de couvrement fut jetée sur le canal, afin de créer le boulevard Jules-Ferry. La partie couverte du canal Saint-Martin s’ouvre sur le port de l’Arsenal, qui relie le canal Saint-Martin à la Seine.  

Touché par la crise de la batellerie dans la seconde moitié du XXe siècle, le canal Saint-Martin faillit être recouvert et transformé en axe automobile. Le projet, longtemps en sommeil, fut définitivement abandonné en 1971. 

Dans sa partie à ciel ouvert, le long des quai de Jemmapes et de Valmy, les abords du canal Saint-Martin constituent aujourd’hui une promenade fort agréable, où le tourisme fluvial trouve l’une de ses plus belles expressions. Depuis le pont reliant la rue Eugène-Varlin et celle des Écluses-Saint-Martin, le point de vue porte sur l’un des squares plantés de marronniers que l’on aménagea, en 1891, de part et d’autre du canal.

 

Bassin des Récollets

vers passerelle Bichat

La double écluse des Récollets et la passerelle Bichat

Pour passer d’un quai à l’autre, les voitures et les piétons empruntèrent d’abord ponts fixes et ponts tournants. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, plusieurs passerelles métalliques, traçant de grands arcs s’élevant d’une berge et retombant sur l’autre, furent édifiées : leur silhouette est l’emblème de la promenade le long du canal Saint-Martin.

sous passerelle Bichat

Vue du dessous de la passerelle Bichat

Comme les autres passerelles du même type, la passerelle Bichat est un pont en arc par-dessous en fonte.

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L’écluse double des Récollets et la passerelle de la Grange-aux-Belles

L’écluse double des Récollets se situe entre la passerelle Bichat et, ici au second plan, la passerelle de la Grange-aux-Belles.

passerelle grange aux belles

La passerelle et le pont tournant de la Grange-aux-Belles

En 1938, Arletty et Louis Jouvet immortalisent l’écluse de la Grange-aux-Belles, dans une fameuse scène du film Hôtel du Nord, de Marcel Carné.  Ce n’est pourtant pas sur la passerelle de l’écluse de la Grange-aux-Belles qu’Arletty lança la fameuse réplique « Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? » : le décor et les abords du canal Saint-Martin avaient en effet été reconstitués dans les studios de cinéma de Boulogne-Billancourt.   

Hôtel du Nord

La façade de l’Hôtel du Nord, vue depuis le square des Récollets

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