Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



  • Accueil
  • > Couvents/Monastères/Maisons religieuses

La maison ou clos Saint-Lazare (XIIe-XVIIIe siècles)

plan jaillot

Le clos Saint-Lazare au début du règne de Louis XVI, d’après le plan de Jaillot

Au XIIe siècle, une communauté religieuse, fondée le long de la route de Paris à Saint-Denis, à la limite de la zone marécageuse de l’ancien lit de la Seine, s’occupait d’une léproserie invoquant saint Lazare, patron des lépreux.

Au XVe siècle, les chanoines de Saint-Victor s’y installèrent. Bénéficiant de la protection royale, ils reçurent l’autorisation d’ouvrir une foire dans l’enclos Saint-Laurent, mitoyen de Saint-Lazare, d’établir un aqueduc dont les eaux, provenant du Pré-Saint-Gervais et du versant nord-est de la colline de Belleville, alimentèrent les premières fontaines parisiennes.

DSCF4492

Le passage de la Ferme Saint-Lazare

Le clos Saint-Lazare renfermait également un moulin, une ferme et une église. Le plan de Jaillot (1775-1778) indique précisément : à droite, l’église et les bâtiments sur la rue du Faubourg-Saint-Denis ; en bas, un jardin, aménagé le long de la rue de Paradis ; au centre, un vaste enclos constitué de maraîchers délimité, à gauche, par la rue Sainte-Anne (tronçon de l’actuel boulevard du Faubourg-Poissonnière).

Dans le Paris d’aujourd’hui, deux voies évoquent encore la ferme : le passage de la Ferme Saint-Lazare, qui relie la rue de Chabrol à la seconde voie au nom évocateur : la Cour de la Ferme Saint-Lazare.

DSCF4493

Celle-ci s’élance du boulevard de Magenta, longe le poste de la Compagnie parisienne de distribution d’électricité, bâti en béton armé vers 1924-26, et s’achève en impasse, à hauteur de la cité de Chabrol.

Au XVIIe siècle, la maison Saint-Lazare revint à Vincent de Paul et aux prêtres de la mission Saint-Lazare ou lazaristes. De nombreux agrandissements furent engagés : une prison pour les « fils de famille », une dépendance, appelée maison ou séminaire Saint-Charles, destinée aux prêtres convalescents, un hospice dit des Treize-Maisons, pour loger les orphelins, un hospice de vieillard dit du Saint-Nom-de-Jésus. Au début du XVIIIe siècle, la construction de plusieurs bâtiments le long du faubourg Saint-Denis permit de loger des séculiers.

hubert robert

Hubert Robert (1733-1808)

Ravitaillement des prisonniers à Saint-Lazare, vers 1794, huile sur toile, 32,5 x 41 cm, Paris, musée Carnavalet

Mise à sac en 1789, la maison Saint-Lazare devint une prison sous la Terreur. Le peintre Hubert Robert, arrêté en raison de son « incivisme reconnu » et ses « liaisons avec les aristocrates » y fut enfermé, après un bref séjour à Sainte-Pélagie. Son compagnon de captivité, Étienne-Denis Pasquier (1767-1862), lui demanda alors de peindre un petit tableau qui conserve le souvenir des femmes y distribuant le lait aux prisonniers.  

Rue du Faubourg-Saint-Denis

vue prison st lazare

Vue de la prison Saint-Lazare, fin du XIXe siècle, Archives de l’A.-P. – H.-P.

Réservée aux femmes à partir de 1794, la prison Saint-Lazare fut reconvertie en maison d’arrêt, de justice, de correction et d’éducation correctionnelle pour les jeunes filles. Dès 1802, elle s’imposa comme un lieu de contrôle sanitaire, voire d’internement des prostituées.

Cédé au Département de la Seine en 1811, l’ancien domaine de Saint-Lazare, qui était le plus vaste enclos de Paris à la fin du XVIIIe siècle, fut peu à peu loti (apparition de nouveaux quartiers d’habitation, percement de nouvelles voies, aménagement des gares du Nord et de l’Est).

Après la démolition de l’église Saint-Lazare, en 1823, l’administration pénitentiaire chargea Louis-Pierre Baltard (1764-1846), architecte des prisons du Département de la Seine de 1824 à 1834, et père du concepteur des Halles centrales de Paris, de moderniser les lieux. Baltard Père érigea notamment une chapelle, dédiée à Saint-Lazare, et des bâtiments destinés à abriter une infirmerie.

DSCF4496

La troisième cour de l’ancienne prison Saint-Lazare, désormais « jardin Saint-Lazare » de la médiathèque Françoise-Sagan

Au XIXe siècle, les bâtiments de la prison Saint-Lazare s’articulaient autour de trois espaces. Derrière le guichet d’entrée, sur la rue du Faubourg-Saint-Denis, deux cours se succédaient. Un bâtiment transversal les séparait du préau des condamnés, au fond duquel se dressait la chapelle Saint-Lazare. Une troisième cour était encadrée par l’infirmerie, dont les bâtiments ont été reconvertis en médiathèque. Le square Alban-Satragne occupe désormais les cours et le préau de l’ancienne prison Saint-Lazare.

En 1927 et 1928, le Département de la Seine décida la destruction d’une partie des bâtiments de l’ancienne prison, qui devint « maison de santé Saint-Lazare », puis un service de désencombrement de l’Hôpital Lariboisière, lui-même construit en grande partie sur les anciens terrains du clos Saint-Lazare.

Les bâtiments anciens de la maison Saint-Lazare, compris entre la chapelle et la rue du Faubourg-Saint-Denis, furent entièrement détruits vers 1940-41, malgré les objections exprimées par la Commission du Vieux-Paris. Transformée en « Hôpital Saint-Lazare », l’ancienne infirmerie ferma définitivement ses portes à la fin de l’année 1998.

chapelle maison st lazare square        chapelle maison st lazare

L’ancienne chapelle Saint-Lazare

La chapelle et l’infirmerie de Baltard Père sont considérées comme deux rares exemples parisiens d’architecture néoclassique. Elles furent fort heureusement préservées de la destruction. Propriété de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, elles se dressent aujourd’hui au fond du square Alban-Satragne. De plan pseudo-basilical, l’ancienne chapelle Saint-Lazare possède un vestibule intérieur de forme oblongue, une nef, flanquée de bas-côtés, et une abside en hémicycle, faisant saillie sur la troisième cour.

La façade en pierre, initialement dépourvue de décor, fut rhabillée de briques de parement rouges par Gaston Lefol, chargé de remettre en état les bâtiments de Baltard en 1931. Lefol remplaça également les bâtiments latéraux, qui devaient être rasés, fit appliquer un grand blason au-dessus de la porte d’entrée et percer le fronton d’un oculus.

DSCF4495

Le bâtiment principal de l’ancienne infirmerie, désormais médiathèque Françoise-Sagan

Autour de la troisième cour, les façades dépouillées des bâtiments de l’ancienne infirmerie ont pratiquement conservé leur état d’origine, à l’exception du bâtiment principal, que l’architecte Édouard-Auguste Villain, suréleva après 1874. Les façades des bâtiments latéraux présentent deux niveaux d’arcades en plein cintre, surmontés d’un attique percé de fenêtres rectangulaires.

 DSCF4494

Le jardin Saint-Lazare

Le jardin Saint-Lazare, dit aussi « carré Saint-Lazare », en raison de son plan quadrangulaire, est inspiré des cloîtres méditerranéens, avec palmiers, arbustes et herbacées. Des allées découpées, délimitées de bordures irrégulières pouvant servir de reposoirs, traversent les parterres du jardin.

DSCF4497

Du côté de la cour de la Ferme Saint-Lazare, la rue Léon-Schartzenberg mène, selon le tracé du chemin de ronde de l’ancienne prison, à la chapelle de Baltard Père et au square Alban-Satragne. Un petit passage donne également accès au jardin Saint-Lazare.

A lire également en cliquant sur le lien ci-dessous :

La chapelle Saint-Vincent-de-Paul

.
 

Musique et musiques |
Mamariage |
La classe vive - Création 2015 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Deudeuch Bleue
| Chantal Kaeding
| Dessinbymoi